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Comment je me suis sortie du Burn-Out grâce à l’Art-thérapie ?




16 Mai 2016…. L’incendie. La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Une élève qui me pousse à bout. Je ne suis plus capable da faire face. Je craque, obligée de sortir de la classe. Je m’effondre… Assise dans le couloir, la tête entre les mains. Le cœur prêt à exploser. Un torrent de larmes et de tristesse incontrôlable. J’ai envie de ne plus être là, ni dans cette salle de classe, ni dans ce lycée, ni dans ma propre vie. Plus tard viendra la colère.

C’est le début d’une longue histoire car on ne se relève pas d’un burn-out avec un coup de baguette magique.

Tout comme on n’en vient pas à l’incendie du Burn-out en un jour.

Tout est une question de temps.

En ce qui me concerne, la « bête » était bien tapie au fond de son trou, attendant son heure. Mais elle était là, bien présente depuis plusieurs mois, voir plusieurs années. Des petits riens, des piques, une dévalorisation constante, des mots blessants, des mises à l’écart, qui ont fait que cette bête s’est installée en moi et a fini par me manger tout entière…

Le Burn-Out, qu’est ce que c’est pour moi ? Une longue descente aux enfers, une descente vers le plus profond de soi-même, une chute qui fait que je ne savais plus raisonner correctement, que tout était noir, que mêmes mes proches en subissaient les conséquences, une descente telle qu’on veut parfois appeler les secours pour se protéger de soi-même.

J’ai essayé de revenir, de reprendre à travailler, de me dire que je pouvais être quelqu’un de confiance au sein de mon Ministère mais j’étais cataloguée et où que j’aille mon histoire, mon dossier me suivrait. Mais mes essais de reprendre étaient vains, jamais je n’y arrivais, je ne trouvais pas ma juste place car au fond je savais déjà où était mon chemin.

Alors quand le 17 septembre 2020, on m’a refusé ma rupture conventionnelle, j’ai dit STOP. Je n’y retournerais plus. Quelque soit le prix à payer. Car je valais plus qu’un job, plus qu’un statut. Je ne serais plus enseignante, je ne serais pas gestionnaire, je ne serais pas non plus assistante dans un service administratif. Mon projet était ailleurs : être moi, être libre de mes choix et m’installer comme Art-thérapeute.

Une année scolaire pour me reconstruire, pour bâtir un projet sérieux, pour avancer petit pas après petits pas dans ma pratique.

Et puis, il y a deux jours : le 10 juillet 2021, le grand jour ! Je rentre de vacances et mon mari trouve un courrier de mon employeur dans la boite aux lettres en revenant de promener le chien avant de dormir. J’attendais ce courrier mais je n’ai même pas pensé à regarder ma boite aux lettres en rentant de vacances. J’étais déjà déterminée à tirer un trait sur ce burn-out, sur mon ancien job… J’avais déjà décidé qu’il ne viendrait plus me pourrir la vie, que j’avais laissé « la bête » s’en aller. Dans ce courrier, j’y ai trouvé ma liberté : mon accord de mise en disponibilité pour 3 ans, ce qui va me permettre de retrouver, ENFIN, ma vie.


Comment m’en suis-je sortie ?

Alors oui, bien sûr, j’ai vu une psychologue qui m’a écouté mais à qui je n’ai surement pas tout dit car parfois juste parler n’est pas suffisant. Je n’allais pas au fond des choses. Pourquoi ? Je ne sais pas trop à vrai dire…

Mais j’ai trouvé un outil qui a eu une puissance bien plus forte sur moi : l’art-thérapie.

Quand je me suis inscrite à la formation d’Art-thérapeute, mon but n’était pas de suivre un chemin de guérison et pourtant…. Je faisais déjà du Journal créatif, (carnet qui me permettait de déposer mes émotions, mes ressentis en alliant écriture, dessin, collage). J’avais déjà noirci plusieurs carnets.

Lors de cette formation et de celles qui suivirent après (dont celle sur l’accompagnement au Burn-Out), j’ai découvert toute la magie de l’Art-thérapie, toute sa puissance. Comme un moyen de poser tout mon mal être mais aussi de me construire une super boite à outils pour aller mieux.

Dans la boite magique de Dame Couleur, il y a : mes pinceaux, mes feutres, mes peintures, mes encres, mon envie, ma volonté, mon chemin de couleur, mon travail sur la graine, mon temple intérieur, mes mandalas, mes méditations, mes outils de coaching créatif, mes cartes de développement personnel, mon Bullet Journal, mes journaux créatifs, mon carnet de deuil, mes carnets de burn-out… Il y a moi toute entière…

Et ces outils m’ont aidé à remonter la pente, doucement mais sûrement. J’ai fait le point sur moi-même. Je suis allée explorer mon enfant intérieur. J’ai posé mes idées noires. J’ai pleuré, j’ai ri. Je me suis perdue, j’ai espéré, j’ai retrouvé mon chemin. J’ai laissé entrer petit à petit le soleil. J’ai fait de la place à la lumière tout en sachant accepter et gérer mes ombres. J’ai été à la recherche de qui j’étais, de qui je voulais être, pour trouver enfin, celle que je suis maintenant : une femme épanouie, confiante, bien dans mes pattes, heureuse, sereine, libre et prête à accompagner.

Et oui mon chemin pour sortir du burn-out fut long mais il faut du temps pour se reconstruire complètement, pour se dire que le burn-out est derrière nous, qu’il sera maintenant une expérience de vie, une arme pour être plus forte dans le futur. Chaque étape de notre burn-out doit être vécue et intégrée. Chaque parcours est unique. Chaque chemin de vie personnel et professionnel est différent. Nous n’affrontons pas tous les affres de la vie de la même manière. Certains se relèveront plus vite, certains tomberont, se relèveront et puis retomberont pour enfin se relever. Certains sauront prendre soin d’eux avant de tomber, ce à quoi je vous encourage vivement. L’art-thérapie nous permet de soigner nos plaies, d’avancer sur notre nouveau chemin de vie mais elle peut aussi nous permettre de ne pas tomber en réagissant avant l’incendie.

Aujourd’hui, j’ai juste envie de remercier la vie pour le cadeau qu’elle m’a donné car j’en suis sortie plus forte, qu’elle m’a aidé à grandir et à en être là où j’en suis. Je suis Dame Couleur, qui comme un phénix renait de ses cendres.

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